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Ça t’est déjà arrivé de ne plus savoir quoi mettre dans ton assiette ? C’est vrai quoi des articles sortent tous les jours pour nous dire que tel aliment est bon pour la santé et quelques mois (et parfois ça se compte en semaines) plus tard, PAF ! c’est plus bon.

Pire : c’est très mauvais et ça peut être cancérigène !

Cette fois je n’exagère pas (et pourtant tu es habituée maintenant je sais forcer le trait quand j’en ai besoin). Mais là non, c’est la vraie réalité.

Et toi devant tout ça comment peux- tu te sentir ? Désemparée ? Je ne crois pas que le mot soit trop fort. C’est bien ce que tu me décris et cette situation est d’autant plus problématique que tu veux sincèrement adapter ton alimentation pour préserver ta santé.

Du coup tu lis consciencieusement les fameux articles et tu appliques. Tu te mets à manger des trucs que tu n’aurais parfois jamais imaginé manger. Tu te casses la tête même à chercher des recettes pour agrémenter ces nouveaux aliments pour toi.

Et puis voilà que tu apprends que ce même aliment est tout à coup mauvais pour ta santé. Alors tu ressens de la colère parce que tu as pourtant tout bien fait. Tu as même supporté les sarcasmes de ta famille qui n’ont pas manqué de se moquer de tes nouveaux plats un peu “bizarres”, voir même parfois leurs reproches parce que selon eux c’était pas bon (allez avoue que parfois l’essaie est manqué, mais tu y as mis tellement d’amour que tu es déçue qu’ils n’en décèle pas le goût).

Bref te voilà perdue parce qu’un jour on te dit qu’il faut manger ceci et le lendemain on te met en garde genre c’est tout à coup devenu radioactif !

Pour le soja c’est exactement ce qui se passe. Il y a quelques années, on nous montrait le soja comme l’ennemi public numéro un parce que dangereux pour notre équilibre hormonal et puis plus tard finalement il devient presque le messie !

J’ai voulu en savoir plus pour pouvoir en parler avec toi et surtout me positionner pour te conseiller au mieux (et selon mes valeurs).

Pourquoi c’est important de comprendre ce que fait le soja dans ton corps

Tu te demandes pourquoi tu consacrerai du temps sur des questions qui te dépassent et peut-être même que cette problématique des allégations de santé des aliments te fatigue tellement que tu as décidé de consommer quoi qu’il en coûte… Voici 3 raisons qui te montrent que te pencher sur la question va t’aider ensuite avec plein d’autres aliments :

·         tu vas comprendre que ce qui est dit dans les articles qui parlent des dernières données scientifiques est souvent tronqué et déformé. Du coup c’est normal que les informations soient erronées ! Et oui si on dit la moitié des choses c’est certain que tôt ou tard ça coince !

·         comme à chaque fois qu’il est question de perturbateur endocrinien (parce que le soja en est un), il ne s’agit pas seulement de toi mais de toute ta (future, hypothétique) descendance. Et s’il y a bien une question hyper importante pour les femmes enceintes : c’est de faire super attention à ce qu’elles font pour donner le meilleur à leur futur bébé ;

·         il s’agit aussi potentiellement de toi, plus tard… Alors je sais que la plupart du temps on ne pense pas à plus tard justement. J’ai toujours rêvé de percer ce mystère : pourquoi les discours sur la prévention ont si peu d’impact sur la population ? Pourquoi certaines personnes s’en préoccupent (parfois un peu trop d’ailleurs au point de ne plus vivre le présent) et d’autres s’en contre-fichent ? Ben là je prends le risque de ne pas t’intéresser mais il me paraît important de savoir quand un comportement d’aujourd’hui peut conduire à développer dans 10 ans un cancer du sein par exemple ;

·         et enfin parce que remettre un peu de bon sens dans tes choix de vie fait partie de mon approche et qu’avec moi, ça s’accompagne toujours de plaisir de vivre : mon discours est farouchement modéré parce que je suis persuadée que la modération est la clé d’une vie longue et pleine de vie justement (tu as dis paradoxe ?)

Alors, prête à plonger dans les méandre du soja et prendre ta décision ensuite :en mettre ou pas dans ton assiette, telle est la question*.

*Toute ressemblance avec une célèbre citation est totalement assumée et confirmée !

Voici donc comment dépatouiller les effets du soja sur ta santé

Avant toute chose, j’ai besoin de te préciser que j’ai voulu m’appuyer sur des sources valables. Quand j’ai commencé à chercher sur internet des infos sur le soja j’ai évidemment trouvé de tout. Je suis allée voir du côté des études scientifiques mais, vas savoir pourquoi, flemme ou incompétence, j’ai vite rebroussé chemin parce que j’ai eu le sentiment que les études n’étaient pas assez complètes ou carrément biaisées. 

Il y a de forts enjeux quand on parle de soja parce que c’est un marché mondial qui rapporte de l’argent donc il est indispensable à mon sens de garder ça en tête quand on s’attaque à de tels sujets.

Et puis je suis tombée sur un article de “Que choisir” qui faisait mention d’une étude qu’ils ont menée sur les teneur en phyto-œstrogènes  de plusieurs aliments à base de soja. 

Les phyto-œstrogènes sont des substances contenues dans des végétaux et qui ont la particularité de ressembler comme deux gouttes d’eau à nos œstrogènes (souvent l’estradiol pour être précis). Du coup il est possible qu’il y ait une interaction avec ces phyto-œstrogènes capable de perturber notre système hormonal.

Leur conclusion est sans appel : les teneurs en phyto-œstrogènes contenus dans les produits testés explosent les doses recommandées par les autorités sanitaires.

Pire ! Ils en ont retrouvé dans des produits qu’on ne soupçonnerait pas contenir du soja : des boulettes de viande ! 

Et oui, l’industrie agro-alimentaire peut être comme ça (c’est son côté obscur) : le soja ce n’est pas que des phyto-œstrogènes, c’est aussi des protéines végétale à moindre coût par rapport à la viande. Du coup ni vu ni connu on en met dans ce genre de préparation pour que ça coûte moins cher et hop, emballé c’est pesé ! Sauf que ça risque quand même de poser problème en termes de santé publique.

C’est ce que j’ai voulu comprendre et j’ai donc trouvé un rapport de l’AFFSA ( Agence française de sécurité sanitaire des aliments), devenue entre-temps l’ANSES. 

Alors j’apporte tout de suite un bémol : ce rapport date de 2005. C’est vieux. Mais honnêtement, je préfère m’appuyer sur un rapport élaboré avec soin (440 pages quand même) plutôt que de m’aventurer dans des études toutes récentes mais manquant de recul ou biaisées.

Qu’est-ce qu’on y apprend ?

Premièrement il est important de se mettre d’accord à savoir de quoi on parle. 

Les phyto-œstrogènes, il y en a plein. Ici on va parler essentiellement d’isoflavones de soja parmi lesquels on trouve la daidzéine et la génistéine.

Ensuite, voici ce qu’on y apprend…

Le soja est un aliment traditionnellement cultivé et consommé en Asie. Il a été introduit très récemment dans l’alimentation occidentale. Et encore, en occident, tout le monde n’en consomme pas.

Quand on regarde l’alimentation asiatique et occidentale, on s’aperçoit qu’il y a une différence moyenne d’apport d’isoflavones (ah oui parce qu’on peut en trouver dans d’autres aliments des isoflavones) qui peut aller jusqu’à x 100 pour les asiatiques.

Normal me diras-tu. Oui mais là où c’est dingue, c’est que des régimes alimentaires appliqués en occident (végétariens ou régimes qualifiés de “sains”) peuvent exploser la consommation d’isoflavones des asiatiques. 

Autrement dit : on se retrouve à l’heure actuelle avec des gens en occident qui consomment plus de sources d’isoflavones que les consommateurs historiques, les asiatiques.

Bon tu me diras, où est le problème ?

Ben le problème c’est que visiblement notre métabolisme n’est pas habitué comme l’est celui des asiatiques à consommer autant de sources d’isoflavones. Preuve en est : quand on fait ingérer autant d’isoflavones à un asiatique qu’à un occidental, on en retrouve ensuite plus dans le sang de l’occidental que dans celui de l’asiatique !

Du coup potentiellement il y a plus de risque que ce phyto-œstrogène agisse chez l’occidental que chez l’asiatique.

D’où peut venir cette différence ? 

Les phyto-œstrogènes sont souvent sous forme inactive dans les plantes qui les contiennent. Pour les activer, ça passe par une transformation métabolique qui a lieu dans nos intestins. Et oui c’est la flore bactérienne intestinale ou les enzymes entérocytaires qui se chargent de ça. 

Et comme une flore est adaptée au régime de son hôte, il paraît normal et logique de dire que la flore des populations asiatiques est peut-être plus adaptée à gérer l’afflux d’isoflavone que celle des populations occidentales.

A cela j’ajoute que selon les individus, il y a une capacité différente à activer ces phyto-œstrogènes. On serait environ 30 à 40%. 

Autrement dit, tu ne sais pas si tu fais partie des gens qui activent à mort ou pas les phyto-œstrogènes quand tu en manges. Et je n’ai pas voulu faire de mauvais jeu de mot !!

On en met une couche supplémentaire ?

Les xénobiotiques (mot savant pour dire polluants) viennent jouer la concurrence avec les phyto-œstrogènes dans les systèmes de détox de l’organisme : du coup tu peux en avoir à un certain niveau en circulation qui ne seront pas évacués parce que d’autres molécules ont joué des coudes et sont passé avant dans la file d’attente. Résultat : potentiellement trop de phyto-œstrogènes dans ton corps.

Mais qu’est-ce que ça peut faire si c’est pas dangereux ?

Et bien c’est là toute la question…

Le résultat de mes recherches va un peu dans tous les sens. 

La consommation d’isoflavones pourrait avoir des effets sur :

  • le fonctionnement de la thyroïde : la synthèse des hormones thyroïdiennes pourraient être empêchée ainsi que la transformation de T4 en T3, autrement dit d’hormone thyroïdienne inactive en hormone active ;
  • Le cycle menstruel : il y aurait un effet d’allongement du cycle sous l’effet de la consommation d’isoflavones ;
  • les conséquences de l’ostéoporose : chez les femmes ménopausées les isoflavones de soja permettraient de freiner le processus de déminéralisation.

A l’inverse, les isoflavones de soja n’auraient aucun effet sur :

  • les bouffées de chaleur ;
  • les fonctions cérébrales et cognitives ;
  • les maladies cardio-vasculaires (ce sont les protéines de soja qui ont un effet positif sur ce point, tu vois un peu les confusions dont je parlais en introduction ?)

Mais alors pourquoi en faire tout un plat parce qu’apparemment c’est plutôt limité et pour le peu d’effet, cool.

Parce que les effets établis portent principalement sur la mise en place des mécanismes liés aux œstrogènes chez les fœtus. Donc pas de soja durant la période périnatale afin de préserver la fertilité de l’espèce.

Le second gros point d’interrogation porte sur les effets sur les cancers. Parce que des études montrent bien une prolifération et une croissance tumorale quand une tumeur hormone-dépendante préexiste. Alors on met des guillemets parce que l’étude a été faite sur des rates ménopausées. Donc on ne sait pas si ça se confirme chez la femme.

Perso, j’ai mon avis. Tu veux savoir ?

Je suis naturopathe, ça ce n’est pas une surprise. C’est juste pour réaffirmer ma position quant à la prévention et aussi le respect des lois de la nature.

Dans la mesure où il semble régner un flou artistique sur les effets et les processus d’action des isoflavones de soja dans notre organisme.

Dans la mesure où on parle ici d’un aliment qui ne fait pas partie de notre alimentation depuis très peu de temps. Qu’historiquement nous n’avons pas cette culture du soja (dans tous les sens du terme) ici. Alors oui maintenant on en cultive en France mais ça reste du soja et on reste dans quelque chose de trop récent.

Ma position est celle de la prudence. J’attends qu’on puisse comprendre quels sont les mécanismes d’action, dans quelles conditions etc. 

Parce qu’en fait aujourd’hui on est capable de dire que les isoflavones de soja ont des effets agonistes ou antagonistes avec nos hormones mais à part nous dire que ça varie en fonction de la dose, j’ai la désagréable sensation qu’on n’en sait pas beaucoup plus…

Et honnêtement, je comprendrais si on était dans un pays pauvre par sa culture culinaire mais là franchement tu vas pas me dire qu’on n’a pas assez de diversité dans notre alimentation occidentale (et française de surplus) pour se faire plaisir et trouver tout ce qu’il faut pour répondre à nos besoins nutritionnels.

Et je ne te parle pas forcément des bons vieux plats tradi. Aujourd’hui notre cuisine se renouvelle avec les produits locaux et je trouve ça fascinant !

Alors oui, tu te trouves aujourd’hui charmée par des nouveautés exotiques en matière d’alimentation et en même temps tu ne sais plus où donner de la tête parce que ça t’ouvre des horizons que tu ne soupçonnais pas et on te dit que c’est potentiellement risqué pour ta santé et ton équilibre hormonal.

Du coup tu te trouves devant un choix cornélien : faire plaisir à tes papilles ou préserver ta santé.

On a vu que l’état des recherches n’est pas très clair en ce qui concerne les effets et modes d’action des isoflavones de soja sur ton organisme. 

Dans ces cas-là, la prudence est de mise.

Ceci dit, pourquoi ne pas allier plaisir et santé ?

Redécouvres les possibilités infinies que t’offrent les produits locaux (il y a souvent de vraies surprises qui explosent en bouche).

Garde en tête que des phyto-œstrogènes, tu en trouves déjà dans plein d’autres aliments locaux justement et qu’il n’est peut-être pas utile d’en rajouter.

Évite les compléments alimentaires d’isoflavones de soja.

Et surtout, si tu veux rester dans le plaisir, accordes-toi de temps en temps un repas asiatique qui, s’il reste exceptionnel, ne pourra pas te faire grand mal.

Le plaisir est préservé, ta santé aussi et tout ça en limitant les frustrations.

Est-ce que tu penses que tu pourras ralentir ta consommation de soja ?

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Carole Thiebault

Naturopathe - Heilpraktiker
Consultante en gestion autonome de la fertilité

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10 commentaires

  1. J’ai été absorbé par ton article. Et me suis reconnue dans certains de tes propos. Être une girouette au niveau de son alimentation. On pense faire bien et sans le savoir c’est le contraire. Je télécharge ton eBook

    1. Carole Thiebault a dit :

      Merci Soraya !
      Pour ton retour et ton inscription.
      N’hésites pas à me faire un retour et à poser tes questions.

      Carole

  2. Toubib Kei a dit :

    Très bon article ! et très bon concept !

    1. Carole Thiebault a dit :

      Merci à toi Toubib !

      Au plaisir de te revoir par ici alors,
      Carole

  3. Merci pour cet article. Je retiendrai surtout qu’on n’a que très peu d’informations valables sur le sujet. Souhaitant vegetaliser un peu plus mon alimentation, je souhaitais profiter des protéines de soja pour m’aider à apporter des protéines. Je pense en réduire la quantité, mais pas le supprimer car comme dit en intro: on pense faire tout comme il faut, puis bim ! Une étude prouve que notre alimentation n’est pas bonne.
    La solution ne serait pas simplement le dosage de nos aliments, tout simplement ? Parce que bon, une tranche de jambon par semaine et une poignée de germes de soja, cela ne devrait pas nuire à notre santé sur le long terme. Enfin, jusqu’à la prochaine étude qui sortira ^^
    Merci pour cet article, il mérite réflexion.

    1. Carole Thiebault a dit :

      Salut Sandy,

      Exactement ! Je te rejoins complètement dans ce mouvement vers le discernement. Manger de tout en quantité raisonnable et sur les aliments où un doute plane, les réserver pour des moments un peu moins fréquents.
      Une fois par semaine me semble bien en effet.
      Au plaisir de te retrouver par ici !

    1. Carole Thiebault a dit :

      Avec plaisir Marie,

      Ta fréquence et quantité sera la bonne dans la mesure où le soja ne vient pas constituer une base quotidienne ou quasi.
      Bises
      Carole

  4. Merci Carole pour cet article fort intéressant. Il est clairement de plus en plus compliqué de savoir quoi manger donc misons sur la variété!! Un peu de tout nous fera moins de mal qu’un régime alimentaire trop spécifique.

    1. Carole Thiebault a dit :

      Exactement et en plus ça pétille dans l’assiette et en bouche !
      ça participe à la bonne humeur alors des couleurs dans l’assiette !
      Merci Sophie,

      Au plaisir de te lire par ici,
      Carole

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