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Il existe bien des facteurs de déséquilibre du cycle menstruel féminin. Si l’on pense assez immédiatement aux cause hormonales et aux pathologies liées ou non, on évoque de façon moins automatique les effets du stress sur la bonne marche de notre rythmique interne.

Et pourtant ! Laissez moi vous conter l’histoire de l’horrible stress et la princesse sensibilité…

Le cerveau : grand chef du cycle

Ma formatrice en symptothermie moderne (que j’ai déjà évoquée ici) a l’habitude dans ces formations de poser une question à mille euros que je vous reproduis ici :

Quel est le 1er organe sexuel chez la femme ?

Très souvent, c’est un homme qui trouve la réponse : le cerveau !

Et oui mesdames et messieurs (des hommes me lisent, je suis trop contente !), le cycle menstruel féminin est gouverné par le cerveau. Pour être plus précis, c’est l’axe gonadotrope qui comprends donc l’hypothalamus, l’hypophyse et les organes sexuels à proprement parlé (ovaires, utérus).

Mais concentrons-nous sur l’hypothalamus et l’hypophyse. Le premier est le donneur d’ordre.

L’hypothalamus est en quelque sorte une glande qui permet la jonction entre le système nerveux et le système hormonal (vous voyez où je veux en venir ?). Il va recevoir de l’information, l’analyser, la trier et ensuite donner ses instructions à l’hypophyse.

A son tour l’hypophyse va jouer le chef d’orchestre hormonal du cycle. Bon ces glandes cérébrales font d’autres choses mais pour aujourd’hui on focalise sur ce qui intéresse le cycle.

On en arrive donc à ce constat : toute modification, perturbation de l’hypothalamus va avoir une incidence sur toute la chaîne qui en dépend. et qui c’est qui se trouve complètement bouleversé en bout de chaîne ? Et bien dans le mille, c’est monsieur C (comprenez le cycle).

Et si vous me suivez depuis un moment, et bien on retrouve monsieur S (le stress, le mot est lâché) qui, vous commencez à le comprendre n’est très pote avec monsieur C. Monsieur C est sensible et lorsque monsieur S est dans les parages, souvent il perd ses moyens et vous observez à l’envie des retards de règles, des signes de SPM (syndrome prémenstruel), des saignements en avance, etc…

Le cycle : grand perdant de la bataille du stress

Il est intéressant à ce stade de comprendre un peu les enjeux de cette situation. En effet, lorsqu’on a dit que l’hypothalamus étant stressé, le cycle sera déséquilibré, on a tout dit et rien dit n’est-ce pas ?

Voyons donc un peu quels sont les grands mécanismes qui nous mènent de ce point A (hypothalamus stressé) à ce point B (cycle perturbé)

Le stress entraîne un détournement hormonal

Les hormones sexuelles font partie de la famille des hormones dites stéroïdes. Dans cette famille on retrouve également le cortisol, oui oui l’une des hormones du stress.

Attendez vous allez comprendre où je veux en venir…

La grande matière première pour synthétiser ces hormones stéroïdes c’est le cholestérol. A partir de là, le corps procède en plusieurs étapes et l’une d’elle aboutit à la prégnénolone. A partir de la prégnénolone, l’organisme peut fabriquer ensuite de façon schématique soit de la progestérone, soit de la DHEA (et ensuite de la testostérone et des œstrogènes, soit du cortisol.

Je simplifie pour les besoins de compréhension mais concrètement, quand vous avez de la farine pour faire le repas du soir, que vous avez prévu de faire un cake aux olives vertes et noix de cajou et un gâteau au chocolat (oui je sais c’est lourd pour un soir et ça ne va pas trop ensemble mais restons concentré(e)s) et que vous vous apercevez que vous n’aurez pas assez de farine pour les deux, vous choisissez le cake aux olives (enfin j’espère).

Bref ici c’est un peu pareil : s’il faut gérer du stress, l’organisme aura besoin de synthétiser du cortisol et il va donc prioriser cette voie. On y est, du coup le parent pauvre c’est la progestérone qui va manquer ou en tout cas être en baisse. Cycle déséquilibré.

Le stress empêche le fonctionnement des auxiliaires du cycle

On reprend le cortisol. Lorsqu’il est sécrété en grande quantité, ce qui est le cas lors d’un stress et que cela dure dans le temps, ce qui est la cas quand la situation de stress se prolonge, cette “imprégnation” en cortisol va empêcher la thyroïde de fonctionner correctement.

Et si je vous dis que nous avons besoin de la thyroïde pour mener correctement le cycle menstruel ? Oui bon d’accord y’a plus de suspense…

Allez je sens que vous pouvez encaisser la prochaine. Il y a un autre élément en jeu, une neuro-hormone appelée la dopamine. Elle nous assure l’énergie d’impulsion, celle qui nous fait nous lever le matin, d’avoir le petit starter pour démarrer des projets ou des actions au quotidien.

 

En période de stress prolongé, la dopamine chute drastiquement. si vous avez déjà vécu des stress prolongés, vous savez de quoi je parle. Il y a un moment où la motivation disparaît, plus envie de quoi que ce soit, plus de punch pour vous mettre à quoi que ce soit. Le rapport avec le cycle ?

La dopamine intervient dans la régulation hypothalamique du cycle (entre autre). Donc pour résumer, le stress implique des mécanismes qui aboutissent à la dérégulation du cycle ET à la dérégulation de l’élément même qui devrait nous faire retrouver l’équilibre.

C’est le serpent qui se mord la queue. Comme dans bon nombre de mécanismes physiologiques, quand tout va bien c’est top et quand ça commence à dérailler, c’est l’installation d’un cercle vicieux. Mais bon rassurez-vous, on peut en sortir pour retrouver le cercle vertueux (je vous renvoie à la fabuleuse histoire de mon défi, en plusieurs épisodes dont le premier est ici)

Les sources de stress sont nombreuses

A ce stade donc vous avez compris que si le gardien du sommeil de tes nuits, ah non ça c’est la chanson ! Si le gardien donc de la bonne marche de votre équilibre hormonal féminin est perturbé, votre cycle est perturbé.

Mais qu’est-ce qui peut constituer une perturbation, autrement dit un stress pour l’hypothalamus ?

Identifier les sources de stress

Et bien vous allez peut-être être surpris(e) mais il peut s’agir de choses bien anodines en apparence :

  • un décalage horaire
  • la quantité de lumière perçue par nos sens
  • un changement de météo (grosse chaleur ou au contraire grand froid soudains)
  • un manque de sommeil

Bref vous voyez qu’il y a potentiellement beaucoup de raison pour un hypothalamus de se sentir stressé. Ensuite viennent les sensibilités de chacune, il peut s’agir d’une altercation avec un proche, d’un désaccord houleux au travail, d’une manipulation profonde chez votre ostéopathe ou même une prise de traitement médicamenteux.

Agir sur les sources de stress

L’intérêt n’est pas ici d’éradiquer les sources de stress : vous comprenez bien qu’il va être difficile de le faire et ce même en vous isolant dans une grotte (rappelez vous, la lumière influe sur le cycle).

L’intérêt est d’observer justement ce qui peut vous perturber pour pouvoir en prendre conscience et peut-être mettre en place des stratégies pour aborder les choses d’une façon qui les adoucissent pour vous. On peut aussi être amenée à en prendre acte tout simplement, parce que dans l’impossibilité d’agir sur la source du problème pour le moment.

Ainsi vous vous évitez des moments de questionnement intérieur à savoir ce qui peut bien arriver à votre cycle pour être aussi déréglé ces derniers temps.

Piste de solution

Vous aurez compris que lorsque votre cycle vous laisse en plein désarroi quand il commence à n’en faire qu’à sa tête, il peut être intéressant de faire le point sur votre contexte de vie avant tout.

Qu’est-ce qui a changé récemment ? Pas besoin de remonter trop loin, quelques semaines suffisent parfois. Notez tout ce qui peut s’éloigner des habitudes en place depuis longtemps dans votre quotidien, les événements inhabituels, choquants, surprenants…

Ensuite questionnez-vous sur ce que cela vient dire au plus profond de vous. Vous sentez-vous perturbée par ces événements ou ces changements ? A quel point et comment cela se traduit une fois remonté à la conscience. Quels mots mettez-vous dessus ?

Cela vous mènera peut-être aux maux qui en découlent…

Si vous en arrivez à la conclusion qu’il y a bien un stress à l’origine et que vous sentez qu’il peut être la cause des changements observés dans votre cycle, il peut être intéressant de gérer ce stress.

Avant tout, l’objectif va être de retrouver un équilibre entre le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Avant même de vous jeter sur des plantes à visée hormonale.

Toutes les techniques de relaxation comme la respiration, le yoga, la sophrologie et bien d’autres pourront vous être d’un grand secours. Sachant que c’est l’entraînement qui fait le jedi (prononcer djédaïï).

Il est bien entendu que si vous sentez que les choses vous échappent, consulter un médecin ne fait pas partie des options. Cela peut dans tous les cas être positif : soit toute pathologie est écartée et vous êtes soulagée, soit il y a un diagnostic posé ce qui laisse place à l’action.

Connaissez-vous les éléments qui vous perturbent au point de déséquilibrer votre cycle ? Partagez-les dans les commentaires…

 

 

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Carole Thiebault

Naturopathe - Heilpraktiker
Consultante en gestion autonome de la fertilité

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12 commentaires

  1. Coucou
    C’est sur que le stress doit jouer puissamment dans nos cycles ! En tout cas ce n’est pas toujours simple à contrôler et il y a aussi tant d’autres facteurs qui rentrent en ligne de compte !
    Audrey
    https://pausecafeavecaudrey.fr/

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Coucou Audrey,
      Oui tu as raison tout est multifactoriel et cela demande du temps et beaucoup de douceur envers soi-même pour éclairer le chemin…

  2. Super cet article!

    Je suis toujours impressionné comment un stress mal géré peut avoir comme répercussions sur la santé .
    Tes explications sont super précis, top!

    A bientôt!

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Merci Simon,

      Oui le stress est vraiment un fil rouge qu’on retrouve dans beaucoup de déséquilibres physiologiques.
      Il faut que je lise tranquillement ton article sur le sommeil, le sujet m’intéresse car il touche aussi au cycle !
      A bientôt sur ton blog du coup 😉
      C.

  3. Bonjour Carole,
    Comme d’habitude, super article, mais je vais arrêter de le dire car c’est systématique😉.
    J’ai constaté qu’effectivement le stress avait une très forte influence sur le cycle. Cependant, j’ai aussi observé une chose depuis que j’ai vu une vidéo particulière sur TEDx (je suis une grande fan de ces courtes conférences avec des intervenant(e)s vraiment géniaux la plupart du temps). Cette vidéo m’a apprise que la perception du stress modifie les réponses biologiques.
    Cette vidéo je te donne le lien (même si je pense que tu connais le sujet) : https://www.ted.com/talks/kelly_mcgonigal_how_to_make_stress_your_friend?language=fr#t-791635

    J’avoue que cela m’a fait comprendre qu’être stressée n’était pas systématiquement une mauvaise chose. Cela m’a permis d’aller plus loin dans ma réflexion. Comme tu le dis dans ton article d’ailleurs, il faut comprendre les raisons d’un stress et c’est tellement vrai !

    Merci pour ton article qui nous permet de nous comprendre un peu plus à chaque fois.
    A bientôt 🙂

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Bonjour Mylène,
      Je crois que je ne me lasse pas quand on me dit que l’article est intéressant, à condition de me dire aussi quand c’est bof !
      Oui un événement peut être vécu comme stressant par une personne et le même événement passer inaperçu pour une autre. Je rejoins cette vision du stress et du coup de son impact sur la physiologie. On pourrait dire qu’on se fabrique du stress.
      Je vais aller voir le TEDx merci pour le lien, j’aime aussi ces interventions vraiment enrichissantes.
      A bientôt,
      C.

  4. Merci pour cet article si complet et intéressant Carole!
    C’est fou comme le stress peut être la source de nombreux problèmes et comme au final tout est lié dans notre corps… Je suis fane 🙂

    Aussi, bravo aux hommes qui lisent ton blog et qui s’intéressent au cycle de la femme, amen!!!

    Bises,
    Virginia

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Merci Virginia,
      Oui à chaque fois que je me replonge dans la physiologie pour étudier les systèmes, je trouve toujours le stress comme perturbateur possible… C’est donc un point majeur que de le gérer si on veut être en équilibre de santé !
      Et je me joins à ton bravo : je suis extrêmement fière et heureuse de compter effectivement des lecteurs en plus des lectrices !
      Bises

  5. PLus jeune, en situation de fort stress, cela déclenchait mes règles. J’en avais parlé à mon médecin qui m’avait dit ça n’avait rien à voir. Bon, j’étais repartie bredouille… mais j’étais convaincue que mon stress avait un impact sur mes menstruation ! Merci pour ton article !

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Je suis heureuse de lire que ton ressenti soit reconnu. C’est tellement important d’avoir confiance en ce qui résonne en nous ! Pour ce qui est de ton médecin, malheureusement, tant que leur formation sera axée sur la pathologie et ignorera la physiologie, des réponses comme celle-ci seront possibles. En même temps, chacun son métier, humilité chez tout le monde et on fera du bon travail ensemble !
      Au plaisir de te lire à nouveau,
      C.

  6. Coucou Carole,
    C’est vrai que parfois on panique pour rien car une fois qu’on réalise que le cycle est perturbé à cause du stress, on fait des mots dessus et ça peut aider à ce que tout rentre dans l’ordre 🙂 Le stress peut causer plein de problèmes mais je trouve que les médecins n’y pensent pas toujours et ne sont pas toujours formés à ça et c’est dommage ^^
    Des bisous !

    1. AvatarCarole Thiebault a dit :

      Salut Séréna,

      Oui les pauvres, s’ils avaient le temps ils feraient plus attention à cet aspect certainement. Mais bon il y a des ressources un peu partout aujourd’hui pour avancer sur le sujet, c’est déjà ça.
      Merci pour ton retour en tout cas,
      Bises

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